Des compte-rendus très subjectifs, par Naere Luna.

Les funambules à l’Alhambra

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Les funambules, c’est un projet créé par Stéphane Corbin il y a quelques années suite aux manifestations du mariage pour tous, pour lutter contre la LGBTphobie. Il rassemble environ 200 musiciens, techniciens…, tous bénévoles. Une partie de ces artistes a fait une série de concerts au studio Herbétot (j’en avais écrit un article ici), et ont joué hier un concert exceptionnel à l’Alhambra, rejoints par de nombreux invités. Parmi eux, beaucoup de chanteurs issus de comédies musicales, comme Alexandre Faitrouni (31), Maximilien Philippe (Love Circus), Fanny Fourquez (Saturday Night Fever), Djamel Mehnane (Timeo), Sinan Bertrand et Manon Taris (Le Bal des vampires), mais également des comédiens tels que Virginie Lemoine.

Sur la scène, une cinquantaine de chanteurs et instrumentistes qui, à tour de rôle, incarnent des personnages et vivent complètement l’histoire qu’ils sont en train de chanter. Les chansons sont très diversifiées tant par leur musique que par leur histoire : Deux parents qui renient leur enfant se révélant homosexuel, une jeune femme qui tombe amoureuse d’une infirmière pendant la 2è guerre mondiale, les particularités des « filles à pédés », ou encore un couple de femmes mal vu par ses voisins : « Rosalie aime Rosalie au 2 bis rue du Sans-souci / Rosalie n’aime pas César, ni Jean, ni Magalie / Rosalie aime Rosalie au 8ème gauche sous un toit de Paris. ». Entre les chanson, juste quelques phrases de la part du compositeur et pianiste sur l’interprète, ou l’histoire de la chanson. Pas de superflu, juste ce que l’on a besoin d’entendre pour être en communion avec les artistes sur scène. Dans la salle, le public est fort réactif, applaudissant avec beaucoup d’enthousiasme entre chaque chanson, montrant même plusieurs standing-ovation notamment lorsque Stéphane Corbin reçoit le prix d’honneur par un représentant du Trophée de la comédie musicale.

Hormis les harmonies du compositeur Stéphane Corbin qui réservent continuellement des surprises tout au long de chaque chanson, les textes sont particulièrement bien écrits et souvent très touchants. Pour vous donner un aperçu de certains d’entre eux :
-Imaginer l’amour entre lui et toi / Imaginer la tendresse de vos joies / Imaginer l’évidence qui vous lie lui et toi / C’est difficile pour moi de dire « Pourquoi pas ? » / C’est impossible de sourire, c’est comme ça / Je veux pas y croire à cette vie-là, même si c’est toi, même pour toi…
-La première fois tu avais huit ans / Tu étais un si bel enfant / Toujours à vouloir faire comme les grands / À presser le temps / Du premier chagrin dans la cour ce jour-là / Des mots, des regards, des coups bas / Tu ne m’as rien dit, mais j’ai compris / Quelle serait ta vie…
-Frères de cœur et chers copains / Quel chaos soudain / Vous a mis six pieds sous terre pour trois fois rien ? / Quatre initiales assassines ont signé leur crime / Et changé la donne de nos élans intimes / Transformé l’amour en un champ de mines.
-J’attendais le déclic, J’attendais la retraite, J’attendais l’échec, J’attendais le métro / Le coup, le cri de trop, J’attendais d’être sûr, D’affronter les injures, J’attendais, Trop.

Les funambules ont sorti récemment un double album dont les bénéfices seront reversés à des associations lutant contre l’homophobie, et seront de nouveau en concert au studio Herbétot à partir du mois de novembre. Je ne peux que vous recommander d’aller applaudir (ou au moins écouter ) ces artistes qui ne pourront que vous toucher par leurs différentes histoires.

13 juin, 2017 à 12 h 54 min


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