Des compte-rendus très subjectifs, par Naere Luna.

Solidays 2017

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Les Solidays, c’est un festival annuel créé en 1999 par Luc Barruet, et organisé par Solidarité Sida.

Ce festival qui a vu passer de grands noms de la musique (Iggy Pop, -M-, Muse, Girls in Hawaii, Vanessa Paradis…) comme de plus petits artistes en devenir (Kungs, Yodelice, Izia, Brigitte, LEJ, Broken Back…).

Ce festival très bon marché que tu paies pour une bonne cause (en plus !)

Ce festival où tu peux croiser un Pikachu, une licorne ou un Sam à taille humaine dans la même journée.

Ce festival où tu peux gagner des bracelets, des badges, des rubans rouges, des tee-shirts, boire du coca dans une bouteille en glace…

Ce festival où tu peux te détendre, allongé sur l’herbe, la tête sur ton sac, le chapeau sur le visage, de la bonne musique dans les oreilles, sans te faire remarquer.

Ce festival, qui cette année a accueilli notamment La femme (et ses musiciens déjantés), Kungs (et ses remix énergivores), Isaac Delusion (et sa voix si planante), Vald (et ses textes à prendre au 1897è degré), et M (et son talent incommensurable).

26 juin, 2017 à 14 h 15 min | Commentaires (0) | Permalien


Les funambules à l’Alhambra

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Les funambules, c’est un projet créé par Stéphane Corbin il y a quelques années suite aux manifestations du mariage pour tous, pour lutter contre la LGBTphobie. Il rassemble environ 200 musiciens, techniciens…, tous bénévoles. Une partie de ces artistes a fait une série de concerts au studio Herbétot (j’en avais écrit un article ici), et ont joué hier un concert exceptionnel à l’Alhambra, rejoints par de nombreux invités. Parmi eux, beaucoup de chanteurs issus de comédies musicales, comme Alexandre Faitrouni (31), Maximilien Philippe (Love Circus), Fanny Fourquez (Saturday Night Fever), Djamel Mehnane (Timeo), Sinan Bertrand et Manon Taris (Le Bal des vampires), mais également des comédiens tels que Virginie Lemoine.

Sur la scène, une cinquantaine de chanteurs et instrumentistes qui, à tour de rôle, incarnent des personnages et vivent complètement l’histoire qu’ils sont en train de chanter. Les chansons sont très diversifiées tant par leur musique que par leur histoire : Deux parents qui renient leur enfant se révélant homosexuel, une jeune femme qui tombe amoureuse d’une infirmière pendant la 2è guerre mondiale, les particularités des « filles à pédés », ou encore un couple de femmes mal vu par ses voisins : « Rosalie aime Rosalie au 2 bis rue du Sans-souci / Rosalie n’aime pas César, ni Jean, ni Magalie / Rosalie aime Rosalie au 8ème gauche sous un toit de Paris. ». Entre les chanson, juste quelques phrases de la part du compositeur et pianiste sur l’interprète, ou l’histoire de la chanson. Pas de superflu, juste ce que l’on a besoin d’entendre pour être en communion avec les artistes sur scène. Dans la salle, le public est fort réactif, applaudissant avec beaucoup d’enthousiasme entre chaque chanson, montrant même plusieurs standing-ovation notamment lorsque Stéphane Corbin reçoit le prix d’honneur par un représentant du Trophée de la comédie musicale.

Hormis les harmonies du compositeur Stéphane Corbin qui réservent continuellement des surprises tout au long de chaque chanson, les textes sont particulièrement bien écrits et souvent très touchants. Pour vous donner un aperçu de certains d’entre eux :
-Imaginer l’amour entre lui et toi / Imaginer la tendresse de vos joies / Imaginer l’évidence qui vous lie lui et toi / C’est difficile pour moi de dire « Pourquoi pas ? » / C’est impossible de sourire, c’est comme ça / Je veux pas y croire à cette vie-là, même si c’est toi, même pour toi…
-La première fois tu avais huit ans / Tu étais un si bel enfant / Toujours à vouloir faire comme les grands / À presser le temps / Du premier chagrin dans la cour ce jour-là / Des mots, des regards, des coups bas / Tu ne m’as rien dit, mais j’ai compris / Quelle serait ta vie…
-Frères de cœur et chers copains / Quel chaos soudain / Vous a mis six pieds sous terre pour trois fois rien ? / Quatre initiales assassines ont signé leur crime / Et changé la donne de nos élans intimes / Transformé l’amour en un champ de mines.
-J’attendais le déclic, J’attendais la retraite, J’attendais l’échec, J’attendais le métro / Le coup, le cri de trop, J’attendais d’être sûr, D’affronter les injures, J’attendais, Trop.

Les funambules ont sorti récemment un double album dont les bénéfices seront reversés à des associations lutant contre l’homophobie, et seront de nouveau en concert au studio Herbétot à partir du mois de novembre. Je ne peux que vous recommander d’aller applaudir (ou au moins écouter ) ces artistes qui ne pourront que vous toucher par leurs différentes histoires.

13 juin, 2017 à 12 h 54 min | Commentaires (0) | Permalien


Morceau de vie : Indochine.

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J’ai découvert Indochine en janvier 2003, et depuis ils ont une place à part dans mon panthéon musical. Je ne me considère pas comme une groupie, mais plus comme une admiratrice du groupe… (à méditer.)

Jeudi 8 juin 2017. Ce matin-là, pas très en forme, je ne sais pas encore ce que je vais faire ce soir. Cinéma ? Série ? Magasins ? Mais en arrivant au bureau, un collègue me montre une page de publicité qui annonce qu’Indochine est en interview en direct ce soir dans l’émission Quotidien sur C8. Ayant plutôt l’habitude d’attendre quelques dizaines de minutes des artistes en sortie de concert, j’hésite à ce moment à aller attendre le groupe à l’extérieur, sans trop d’optimisme de voir Nicola de plus près que depuis des gradins dans une salle de concert.

Après ma journée de travail, je me dirige donc sans trop d’espoir vers les studios de l’émission, en me disant qu’au pire, je perds une soirée et au mieux, je fais une photo avec Nicola. J’arrive sur les lieux vers 18:45, constatant qu’une quinzaine de personnes a eu la même idée que moi. Les minutes passent, lentement. 19:20, l’émission doit commencer. 20h, j’aperçois trois personnes en train de regarder C8 en direct sur leur téléphone. Je suggère l’idée à une jeune fille que j’ai rencontrée quelques dizaines de minutes auparavant. Et nous voilà à regarder (plus qu’écouter, car nous n’entendons malheureusement pas grand chose) la fin de l’interview de Nicola et leur premier single du prochain album, « La vie est belle », joué en direct. A la fin de la performance, j’ai un avis plutôt mitigé sur le titre. La chanson ne décolle pas et ressemble un peu trop à Memoria à mon goût. En fait c’est du Indochine typique des deux derniers albums. A la fin de la prestation, nous commençons à nous approcher de la porte de sortie, imaginant qu’ils quitteront bientôt le plateau. 20:50, de plus en plus de personnes s’aglutinent derrière et autour de nous, et quelques agents se tiennent devant la porte. 21:10, l’agent du groupe fait des aller-retour entre l’intérieur du studio et un taxi garé un peu plus loin. Il nous annonce que Nicola va sortir signer pour toutes les personnes présentes, si l’on reste calmes. Une longue file commence à se former le long du bâtiment. Je suis sur les starting-bloc, je commence à ressentir un peu de stress, à imaginer tous les scénarios possibles. J’ai du mal à réaliser que je vais peut-être me trouver devant une personne que j’admire depuis quinze ans, et que j’ai longtemps rêvé de rencontrer. 21:25, à travers la porte vitrée, j’aperçois Nicola qui s’avance vers nous. J’ai l’impression d’être simple spectatrice de ce que voient mes yeux, tellement cela semble irréel. Entourée de femmes et d’hommes, sans trop réfléchir, je tends le seul objet que je pouvais faire signer : un carnet. Nicola. Six lettres que j’ai écrites et pensées des dizaines de fois ces dernières années, voilà qu’elles étaient maintenant écrites par la personne qui porte ce nom, sous mes yeux. Je rejoins une amie à la fin de la file, un peu inconsciente de ce qui m’arrive. Quelques secondes plus tard, tout à tour, trois des quatre autres musiciens du groupe arrivent à nous. Je vis mon moment Groupie du jour : photo, dédicace. Quelques minutes plus tard, Nicola arrive vers la fin de la file. Sans hésitation, je lui demande une photo. Ne réfléchissant pas trop, je me retrouve ensuite à lui faire la bise et le remercier pour tout ce qu’il fait. Il répond par un habituel « Merci à vous ». Je me retire ensuite de la file, un peu émue. Je quitte ensuite les studios et j’essaye tant bien que mal de réaliser ce qui vient de se passer.

9 juin, 2017 à 14 h 51 min | Commentaires (0) | Permalien


Popcorn – Paspopcorn : Get out

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L’histoire :
Chris, jeune homme noir, est invité par sa petite amie blanche, Rose, à passer un week-end chez ses parents, dans leur maison de campagne. Malgré l’ouverture d’esprit apparente de sa belle-famille , Chris réalise au fur et à mesure que les événements prennent une tournure inquiétante. La femme de ménage (noire), le jardinier (noir), l’entourage des parents de Rose (blanc en grande partie) l’observent d’une manière assez dérangeante. Tout comme Chris, le spectateur est sur le qui-vive au fur et à mesure que le week-end se déroule, et sait que quelque chose va se passer, sans savoir quoi.

Les personnages/acteurs :
Les acteurs sont époustouflants dans leurs personnages respectifs. Autant Daniel Kaluuya (incarnant Chris, et vu auparavant notamment dans les séries Skins et Black Mirror), Allison Williams (Rose), Bradley Whitford et Catherine Keener (les parents de Rose), que l’entourage de cette belle-famille. Le personnage du frère de Rose, Jeremy (joué par Caleb Landry Jones), complètement déjanté, donne un aspect encore plus dérangeant à la famille.

Globalement, avec un début façon comédie, l’histoire tourne rapidement au cauchemar avec de nombreux effets horrifiques. Le retournement final, lui, est assez inattendu, et a provoqué des applaudissements enthousiastes dans l’assemblée (ce qui est assez rare, hors projection d’avant-première). Finalement, avec des passages très drôles et d’autres effrayants, cette histoire nous fait réfléchir à la place des (jeunes) noirs dans la vie américaine, aux « rôles » qui leur ont été attribués pendant de nombreuses décennies, et la façon dont ils ont été et sont probablement encore perçus par certaines personnes blanches.

Conclusion : Quelle que soit votre couleur de peau, votre âge, votre milieu social, je vous recommande vivement d’aller voir ce film. De préférence au cinéma, pour profiter de l’osmose qui unit le public face à l’horreur représentée à l’écran.

C’est un film Popcorn ! (Note : 5/5.)

5 mai, 2017 à 11 h 31 min | Commentaires (0) | Permalien


Journal d’un vampire en pyjama (Mathias Malzieu)

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Mathias Malzieu est chanteur (du groupe Dionysos), écrivain (de plusieurs livres plus ou moins autobiographiques) et scénariste (d’un film inspiré de l’un de ses livres et d’un album du groupe Dionysos) – vous suivez ?
Le groupe a sorti l’année dernière un nouvel opus, présenté dans un showcase-rencontre, et nommé « Vampire en pyjama ». Cet opus est directement lié à au roman du chanteur « Journal d’un vampire en pyjama », lui-même inspiré d’une portion de vie de Mathias M. – vous suivez toujours ?
Je me suis donc lancée dans la lecture de ce Journal en début de semaine, et c’est avec l’envie de profiter de chaque instant de la vie que je l’ai terminé. L’écrivain y raconte en effet sa découverte d’une maladie rare, et le traitement de celle-ci pour s’en sortir. Je ne veux pas vous en dire beaucoup plus, pour que vous puissiez le découvrir par vous-même.
Cette autobiographie m’a beaucoup plu, car elle ne tombe pas du tout dans le pathos, ni dans la plainte, mais elle est écrite avec beaucoup de poésie, de sincérité, et d’espoir. On peut y lire les doutes qu’a ressenti Mathias M., ses attentes, ses envies, les réactions de son entourage…

Selon ses mots : « Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue ».

9 avril, 2017 à 20 h 43 min | Commentaires (0) | Permalien


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